Aussi ne pouvous nous que rappeler, une fois encore, qu'il ne suffit pas de posséder un brevet "valable", que n'affecte aucune antériorité, et dont les revendications sont parfaitement claires et supportées par la description, pour être automatiquement à l'abri de tout problème. Faut-il le répéter : Un brevet délivré ne peut être librement exploité dans un pays donné que s'il n'enfreint pas des droits valablement protégés dans ce pays, par un ou plusieurs brevets appartenant à des tiers. L'ECHELLE des SANCTIONS Les sanctions de la contrefaçon sont de deux ordres : sanctions punitives et sanctions réparatrices. Ce sont principalement :
La Code de la P.I. a rétabli des sanctions pénales (amende, prison) supprimées en 1978, pour la contrefaçon commise en connaissance de cause. (Art. L. 615-12 et suiv. du CPI), et les a confirmées pour les personnes se prévalant indûment de la qualité de propriétaire d'un brevet. La loi du 5 février 1994, dite "loi LONGUET" a fortement aggravé les sanctions pénales qui peuvent atteindre deux ans de prison et une centaine de milliers d'Euros d'amende, portée à cinq fois ce montant dans le cas d'une personne morale (1). En cas de récidive, les peines peuvent être doublées, et la fermeture de l'établissement prononcée pour une durée allant jusqu'à cinq ans, avec maintien des droits des salariés durant cette fermeture. La loi du 5 février 1994 comporte également des dispositions en matière de contrefaçon des marques, des dessins et modèles, et du droit d'auteur Elles comportent des sanctions pénales, des saisies et des confiscations, y compris des retenues et saisies en douane (sauf pour les contrefaçons de brevets (2). Là encore, on se souviendra que la contrefaçon se juge sur les RESSEMBLANCES et non sur les DIFFÉRENCES entre l'objet (ou le procédé) litigieux et l'objet (ou le procédé) protégé. La jurisprudence est bien affirmée dans ce genre de situation. La plupart des pays étrangers répriment la contrefaçon des droits de propriété intellectuelle, mais dans des conditions très diverses Beaucoup ont maintenu des sanctions pénales. (Allemagne, Italie, Japon, Taïwan, USA, Amérique du Sud...). L'I.N.P.I. à mis en place, depuis août 1994, un service d'information des entreprises sur la réglementation en matière de contrefaçon en liaison avec la Compagnie des Conseils en P.I.: 01 42 93 67 09 ou 01 42 94 85 17. De son côté, l'Union
des Fabricants, a été créée à
l'initiative de fabricants de produits pharmaceutiques qui, à la
fin du XIXè siècle, se sont aperçus que leurs produits
étaient contrefaits en Allemagne et se sont regroupés pour
créer la "Charte de l'Union des Fabricants ". L'Union
des Fabricants oeuvre pour que la propriété industrielle
soit protégée internationalement. A l'heure actuelle, l'Union des Fabricants s'efforce de coordonner toutes actions de nature à faire respecter les droits de propriété intellectuelle au niveau national et international, et d'assurer la protection des droits de marques, dessins et modèles et brevets, ainsi que la surveillance du réseau Internet et de l'enregistrement de leurs noms de domaines. Elle rassemble six-cent cinquante entreprises françaises et cinquante fédérations professionnelles de tous secteurs industriels et commerciaux formant ainsi un organisme efficace et représentatif. Voir le site : UNIFAB. Coordonnées : 16 rue de la Faisanderie
75116 Paris - France
La Contrefaçon : fléau du commerce mondial.
(1) Personne morale : On rappelle que le nouveau Code pénal, entré en vigueur le 1er mars 1994, permet d'appliquer des sanctions pénales à des "personnes morales" (sociétés), notamment : amendes, fermeture provisoire ou définitive interdiction d'émettre des chèques, etc. indépendamment de celles qui peuvent frapper les dirigeants de la société concernée. (2) Contrefaçon de brevets : Il serait en effet très difficile de confier aux douaniers, même très avertis, la détection, au passage de la frontière, d'objets et produits techniques présumés contrefaits ou contrefaisants en raison du niveau de complexité des objets qui devraient être soumis à une expertise préalable. C'est beaucoup moins complexe lorsqu'il s'agit de dessins et modèles et de marques, par exemple des créations de la mode, dont le caractère contrefaisant "saute aux yeux". (enfin... pas toujours !). N'oublions pas : dès qu'un objet contrefait a traversé la frontière, l'acte de contrefaçon est "virtuellement" commis. Mais l'action judiciaire sera déclanchée - et c'est le cas le plus fréquent - à l'initiative du titulaire du brevet, sous la forme d'une "saisie-contrefaçon" effectuée par un huissier. L'action peut avoir lieu dés que les objets ont quitté la zone douanière, portuaire ou aéroportuaire ou dans tous autres moyens de transports terrestres ou autres, ou à un barrage de douane (avec la réserve faite au § ci-dessus) sur une route, ou dans les entrepôts ou magasins de gros ou de détail, ou...dans la poche ou la valise de touristes imprudents qui rentrent au pays avec des fausses ROLEX ou des faux ADIDAS, pour n'en citer que deux parmi des centaines...
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Progexpi 2007 - C.F. PASCAUD J.-L. PIOTRAUT
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