Les frontières qui délimitent le brevet
En application de la Convention de STRASBOURG (2) du 27 novembre 1963, la loi française du 2 janvier 1968 a introduit l'obligation de définir, dans au moins une revendication, la portée exacte du brevet. La structure des revendications a été codifiée de façon à peu près identique dans la plupart des pays, à l'exception des États-Unis, qui gardent certaines particularités. (Jepson claims, Markush claims, etc.) REVENDICATIONS et CATÉGORIES d'INVENTIONS Sauf si la nature particulière de l'invention s'y oppose une revendication doit comporter un PRÉAMBULE et une CARACTÉRISTIQUE, séparées par les mots CARACTÉRISÉ PAR.. ou CARACTÉRISÉ EN CE QUE...
La plupart des inventions peuvent se revendiquer en termes de produit, de dispositif, de procédé ou d'application. Voir : produit et procédé. Une même demande peut comporter des revendications de procédé, de produit ou dispositif et d'application du produit ou du dispositif.
L'INTERPRÉTATION des REVENDICATIONS : Chaque fois que se pose un problème d'exercice du droit du brevet, on est amené à "interpréter" les revendications, c'est-à-dire à en délimiter la portée par rapport à l'art antérieur et surtout par rapport à d'autres brevets avec lesquels il existe un risque d'interférence. Dans un premier temps on vérifie que les revendications sont bien SUPPORTÉES par la DESCRIPTION, et éventuellement par les DESSINS, c'est-à-dire que leur portée ne va pas au-delà du contenu de la description, et, en outre, s'il y a une ambiguïté dans leur rédaction, on se réfère à la description pour la lever. Puis on s'efforce de tracer les limites de l'invention revendiquée, par rapport à l'art antérieur. La doctrine américaine penche vers une INTERPRÉTATION ÉTROITE, limitée aux paramètres revendiqués (composition d'un alliage, conditions de température et de pression pour un procédé, structure d'un dispositif etc.), sans toutefois exclure les équivalents stricts que suggère la description. Les ÉQUIVALENTS La doctrine européenne s'inspire de la THÉORIE des ÉQUIVALENTS (3) , selon laquelle une revendication protège le domaine dont la frontière est tracée de façon précise, plus une zone environnante, de contours quelque peu flous, qui correspond à des moyens "équivalents" à ceux de l'invention proprement dite. On considère qu'un MOYEN est ÉQUIVALENT à un autre s'il remplit la MêME FONCTION et procure le MêME RÉSULTAT. Ex: l'argon est "équivalent" à l'hélium pour créer une atmosphère inerte. (seul le prix diffère...) Toutefois, devant les Tribunaux, l'étendue de la "nébuleuse" des équivalents n'est pas considérée comme identique selon que le Juge cherche à déterminer s'il y a contrefaçon d'un brevet A par un brevet B, ou à établir la validité du brevet A par rapport à l'antériorité constituée par le brevet B. ANNEXE : 1er EXEMPLE de REVENDICATION (avec DESSINS).
(cliquez sur l'image pour l'agrandir) N.B. : Cette demande de brevet comporte 12 revendications de même nature ("boitier...destiné à recevoir des produits cosmétiques", etc.) et 8 dessins principaux plus quelques détails de certains dessins. 2iéme EXEMPLE (sans dessin) 1°/ - Procédé de désiliciation d'alliages de manganèse et, en particulier de ferromanganèse, caractérisé en ce que l'on injecte dans ledit alliage liquide, placé dans un réacteur, une quantité de dioxyde de carbone au moins égale à 0,5 fois et, de préférence 0,7 fois, la quantité stoechiométrique permettant d'oxyder le silicium selon la réaction : Si + 2CO2 -> SiO2 + 2CO 2°/ - Procédé de désiliciation d'alliages de manganèse selon revendication 1, caractérisé en ce que la quantité de CO2 injectée est comprise entre 1 et 3 fois la quantité stoechiométrique. 3°/ - Procédé de désiliciation d'alliages de manganèse selon revendication 1, caractérisé en ce que l'on introduit dans le réacteur pendant l'injection de CO2 une substance basique pour scorifier la silice formée par oxydation du silicium. 4°/ - Procédé de désiliciation d'alliages de manganèse selon revendication 3, caractérisé en ce que la substance basique est de l'oxyde de calcium en quantité telle que l'on obtienne dans la scorie finale un rapport CaO/SiO2 compris entre 0,8 et 2,5. 5°/ - Procédé de désiliciation d'alliages de manganèse selon revendication 3, caractérisé en ce que la substance basique est au moins en partie de la dolomie crue ou calcinée. 6°/ - Procédé de désiliciation d'alliages de manganèse selon revendication 3, caractérisé en ce que la substance basique est du carbonate de calcium, dont la composition chimique dans le réacteur fournit au moins une partie de la chaux et du CO2 nécessaire à la désiliciation. 7°/ - Procédé de désiliciation d'alliages de manganèse selon revendication 3, caractérisé en ce que la substance basique introduite sous forme pulvérulente, est entraînée dans le courant de dioxyde de carbone. 8°/ - Procédé de désiliciation d'alliages de manganèse selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'on introduit dans le réacteur un composé oxydé de manganèse dans une proportion comprise entre 3 et 15 % en poids de l'alliage à désilicier. 9°/ - Procédé de désiliciation d'alliages de manganèse selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'on introduit dans le réacteur du ferromanganèse, en morceaux ou en poudre, dans une proportion comprise entre 0,5 et 10 % en poids de l'alliage à désilicier. 10°/ - Procédé de désiliciation d'alliages de manganèse selon l'une quelconque des revendications précédentes, caractérisé en ce que l'action du dioxyde de carbone est complétée par au moins un gaz d'appoint choisi parmi l'air, l'oxygène, l'azote, l'argon, la vapeur d'eau.
N.B. Un développement plus important est proposé dans la rubrique "Retour sur les revendications", En savoir plus" (htm68)..
(2) Convention de STRASBOURG : Cette convention prévoyait une unification de certains éléments du droit des brevets dans les États d'Europe occidentale. Elle a été ratifiée par onze États. En fait, c'est l'entrée en vigueur de la Convention de MUNICH sur le brevet européen qui a obligé les États membres, qui ne l'avaient pas encore fait, à harmoniser leur lois nationales.
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Progexpi 2007 - C.F. PASCAUD J.-L. PIOTRAUT
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