Qu'est ce donc que l'AUDIT ? L'audit (mot anglais) est défini dans la plupart des dictionnaires comme l'analyse et le contrôle de l'activité d'une entreprise, d'une société, par rapport à ses objectifs, spécialement du point de vue comptable et financier. Les personnes qui opèrent dans cette activité sont des "auditeurs" (auditors en anglais). A l'origine, le terme anglais "auditor" désignait l'expert-comptable ou le commissaire aux comptes, et c'est par extension qu'on l'a appliqué par la suite à bien d'autres domaines que la comptabilité, les banques ou les assurances. La mise en uvre des méthodes d'audit a pris de l'ampleur aux États-Unis vers les années trente, dans la comptabilité des entreprises, et s'est étendue par la suite aux banques et aux assurances. Il faut quand même préciser que des cabinets de conseils existaient déjà dans la deuxième moitié du XIXiéme siècle, notamment Coopers & Lybrand, Klynveld Main Goederler, (devenu plus tard KPMG), Ernst & Young, créé en 1894, etc. De nos jours, ces méthodes sont utilisées dans des domaines aussi divers que l'assurance-qualité, le recrutement et la formation du personnel, l'informatique et bien d'autres encore, mais aussi ce qui est plus récent, la propriété intellectuelle. L'audit a pour but de vérifier si, et comment, les procédures sont respectées par les services chargés de les appliquer. C'est un contrôle au second degré, non des opérations elle-mêmes, mais des conditions dans lesquelles elles sont effectuées et de leur conformité avec les règles internes et externes (normes, législation, engagements contractuels, règles de déontologie, protection des secrets d'affaires, etc.). Dans les années qui ont suivi la seconde guerre mondiale, un certain nombre de cabinets d'audit se sont créés ou développés en France et dans les pays anglo-saxons, et leur influence n'a cessé de croître au point qu'on désignait ces organisations sous le nom de "big five", (les cinq grands) ce qui laissait quand même de la place à d'autres. Vers 1970-1980, les noms de PriceWaterhouseCoopers (le n° 1 actuel), Deloitte et Touche (devenu Deloitte Touche Tohmatsu), Ernst et Young, K.P.M.G., Arthur Andersen, étaient hautement respectés (et parfois craints...) dans le monde de la finance internationale.(*) L'effectif des auditeurs en France à la fin du siècle dépassait les 50 000. Pour l'ensemble du Monde, le leader PricewterhouseCoopers (PwC) employait en 2001 160 000 personnes et générait un C.A. de l'ordre de 25 milliards d'Euros. Chacun sait que les fusions et réorganisations et conflits divers ont provoqué des compressions et de personnel et de structures. Une des raisons de ces difficultés (ce n'est pas la seule) était l'emprise un peu excessive que certains de ces cabinets exerçaient dans la gestion de leurs clients et d'une manière un peu trop directive. L'audit ne doit pas être considéré comme un outil d'intrusion dans la vie d'une entreprise. On l'a sans doute un peu oublié. A l'heure actuelle (2004), il apparaît que les "big five" ne sont plus que quatre, Arthur Andersen ayant subi quelques déboires, notamment par absorption (ou fusion ?) avec Ernst et Young. Des informations détaillées sont accessibles sur le site : (en anglais) Audit and Accountancy Mark et Shares, mais il peut y avoir des changements de raison sociale ou autres. L'audit de la propriété intellectuelle L'audit juridique, et plus spécialement l'audit de la propriété industrielle, a mis longtemps à entrer dans la pratique courante des entreprises. Peu de publications lui avaient été consacrées ; on peut citer un article du Professeur Jean-Marc MOUSSERON(1) et un mémoire de DESS présenté par Jean-Didier Bedoin (2) en 1987. Le schéma d'audit que propose Jean-Didier Bedoin comporte cinq rubriques: - importance relative de la propriété
industrielle dans l'entreprise. - Budget P.l. de l'entreprise et part
qu'il représente par rapport au budget R.& D.
Un exemple de questionnaire-type pour réaliser l'audit est proposé. Beaucoup d'entreprises auraient avantage à mettre en uvre ces méthodes d'audit sous des formes adaptées à leur activité et à leurs dimensions. Le problème est de trouver un auditeur compétent en propriété industrielle et ayant un recul suffisant par rapport au service audité et, de préférence, par rapport à l'entreprise elle-même, pour assurer l'objectivité des résultats. L'expérience montre qu'une structure opérationnelle oppose toujours une résistance aux changements, soit par paresse, soit par autosatisfaction... Nous avons eu récemment connaissance de l'initiative d'un cabinet de juristes (4) qui s'est spécialisé entre autres, dans l'audit de la propriété intellectuelle, et qui a bien voulu nous donner des informations précises sur ses méthodes de travail et ses domaines d'activité, qui sont essentiellement les brevets, les marques, les dessins et modèles, les droits d'auteurs, les sites Web et Intranet et les bases de données. L'audit mis en uvre par ce cabinet est un outil d'aide au progrès qui ne doit pas être regardé comme une forme d'intrusion dans la vie de l'entreprise. Il doit permettre d'aider le dirigeant de l'entreprise qui y a recours en lui fournissant des constats, des analyses objectives, des recommandations, en lui faisant apparaître les risques éventuels ou les dysfonctionnements de son entreprise. L'audit peut être demandé à titre préventif ou à titre curatif. Le client pourra ainsi établir une hiérarchie des risques, définir ses priorités d'action. Quels sont les droits de propriété intellectuelle devant être étudiés par l'auditeur ? Le champ d'investigation dépendra naturellement du type d'entreprise auditée (sociétés d'informatique, industries textiles, secteur alimentaire, chimie, métallurgie etc..), mais également des priorités qui auront été déterminées par le chef d'entreprise. Sans prétendre à l'exhaustivité, son champ d'action peut se résumer comme suit :
Les beaux jours de l'audit. D'années en années, les traités, les conventions internationales, les directives, les lois, les décrets, les règlements, les normes, enferment dans un carcan et une complexité croissante l'exercice (souvent périlleux...) de la propriété intellectuelle. Quelle que soit la compétence des praticiens, il y a toujours le risque de perdre pied, par exemple lorsqu'on réduit les effectifs des services de P.I. des entreprises tout en augmentant leur charge de travail. La gestion du quotidien devient tellement lourde qu'elle obère le futur. Les erreurs, les oublis, les dépassements de délais commencent à provoquer des dégats. (J'en parle en connaissance de cause.) C'est dans de telles situations que la mise en oeuvre d'un audit des services de propriété intellectuelle peut s'avérer efficace et rentable, à condition, bien entendu, qu'il y ait une coopération franche et loyale entre les auditeurs et les service de P.I. Sans nul doute, Il y a encore des beaux jours dans cette activité.
(1) Jean-Marc MOUSSERON, L'audit de propriété industrielle, Les Petites Affiches, n°108, 9 septembre 1985, p. 15-17. (2) Jean-Didier BEDOIN, L'audit de la propriété industrielle, mémoire de DESS, Institut d'Administration des Entreprises, Aix-en-Provence, 1987. Voir également l'article : "L'audit de la propriété industrielle" dans la Revue française de l'Audit interne, n°92, 1988. (3) Francis MARQUER, Innovation et management des brevets, Les Editions d'Organisation, PARIS, 1985, p. 243-248 (4) Cabinet BRM Avocats,
(SCP), spécialisés en droit de la propriété
intellectuelle et spécialement en audit..
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Progexpi 2007 - C.F. PASCAUD J.-L. PIOTRAUT
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