Les SIGNES DISTINCTIFS : MARQUES, APPELLATIONS, NOM COMMERCIAL. La MARQUE est un SIGNE MATÉRIEL qui permet de distinguer les PRODUITS ou les SERVICES d'une entreprise. On la qualifie aussi de : signe distinctif. Elle indique que des produits ou services
sont produits ou fournis par une certaine personne ou une certaine entreprise.
L'origine des marques remonte à la plus haute antiquité,
à l'époque où les artisans reproduisaient leur signature
ou "marque" sur leurs uvresou sur les objets utilitaires
qu'ils fabriquaient. Avec le temps s'est peu à peu mis en place
le système d'enregistrement et de protection des marques que nous
connaissons aujourd'hui. Ce système aide les consommateurs à
reconnaître et à acheter un produit ou un service donné
parce que la nature et la qualité de celui-ci, indiquées
par sa marque unique, répond à leurs besoins. La régime juridique des marques est défini, en FRANCE, par les articles 711-1 et suivants du Code de la P.I, (Livre VIII, Titre 1er) complétés par les art. R.712-4 à R.718-4 du décret 95-385 du 10 avril 1995. Par rapport à l'ancienne loi du 31 décembre 1964, on note bon nombre d'innovations, notamment une procédure d'OPPOSITION par les tiers. Il existe, en outre, plusieurs Conventions internationales sur les marques, et notamment l'Arrangement de MADRID du 14 avril 1891 qui entre dans le cadre de la Convention de PARIS de 1883, et, qui a été récemment révisé (en 1989). 56 États adhéraient au protocole de Madrid le 31 décembre 2002. La Convention de Nice a également remis en ordre la classification des biens et des services (voir page suivante). 70 États adhéraient à cet accord le 31 décembre 2002. La loi distingue d'une part les marques de FABRIQUE, de COMMERCE et de SERVICE et d'autre part des MARQUES INDIVIDUELLES et COLLECTIVES. En outre, et contrairement aux brevets, les MARQUES sont enregistrées dans une ou plusieurs CLASSES : il existe maintenant 34 classes pour les marques de FABRIQUE et de COMMERCE et 11 classes pour les marques de SERVICES. Procédure de dépôt d'une marque. Le dépôt d'une marque présente beaucoup moins de difficultés que celui d'un brevet. La vraie difficulté est le choix du mot, du terme, de la phrase, du slogan qui aura le message le plus "porteur" et l'impact commercial le plus efficace. Il existe un certain nombre de cabinets de spécialistes qui peuvent s'en charger. Les conditions de validité d'une marque sont décrites dans les paragraphes suivants. Il existe des stratégies qui permettent de créer des marques mais aussi de ne pas les mettre immédiatement sur le marché. Si l'on prend l'exemple de Peugeot, il est évident que depuis la 101 jusqu'à la 909, tous les nombres de trois chiffres avec un zéro central ont - sauf erreur de notre part - presque tous été utilisés depuis les années 1930 environ, compte-tenu de ce que des prototypes n'ont jamais été mis dans le commerce. Il a donc fallu prévoir la possibilité de les bloquer jusqu'à nos jours, ce qui n'a pas été sans difficulté. Peugeot ayant pratiquement épuisé toutes les combinaisons à trois chiffres, a choisi récemment la solution d'un nombre à 4 chiffres, avec, entre le premier et le quatrième, un entrelacement de deux zéros. Mais on pourra (peut-être) voir sortir des 207, des 409 ou des 508... Les formalités de dépôt ne posent aucun problème comparable à celui des brevets. Il s'agit d'un simple enregistrement qui implique le paiement d'une taxe globale pour les10 premières années, et renouvelable de façon non limitée.Il suffit de payer une nouvelle taxe, mais il ne faut surtout pas laisser passer la date de renouvellement, sinon, une personne mal intentionnée pourrait s'approprier la marque...Le graphisme qui accompagne la marque est joint au dossier. Il peut être présenté en noir et blanc ou en couleurs. Lors du dépôt, on doit choisir les "classes" dans lesquelles la marque produira ses effets. Les objets en trois dimensions qui peuvent être déposés à titre de marque sont reproduits par photographie sous plusieurs angles. Il ne faut pas confondre cette opération avec le dépôt d'un modèle . Par exemple, une bouteille de parfum d'une forme sortant de l'ordinaire peut être enregistrée comme marque et comme modèle. Les "odeurs" toutefois ne devraient pas être protégeables, car chaque personne peut les percevoir de façon différente. Pour un Livarot ou un Camembert bien fait, peut-être... Mais comment en assurer la stabilité dans le temps ? A côté des marques, il existe également une réglementation :
Cette simple énumération révèle une certaine complexité et ne manque pas d'entraîner des difficultés et des conflits d'intérêts. Signes pouvant constituer une marque : (art. L. 711-1 Code de la P.I.) "Tout signe susceptible de représentation graphique"
Pour qu'une marque soit valide, elle ne doit pas être:
Le dépôt est effectué à l'I.N.P.I. qui procède à un examen de forme (régularité du dossier), et un examen de fond sur la base de l'art. L. 712-7 CPI qui cite les motifs de rejet de la demande d'enregistrement, parmi lesquels figure une opposition reconnue justifiée. PROCEDURE
D'OPPOSITION : Cette procédure,
qui se conduit auprès de l'I.N.P.I. constitue, pour les titulaires
de marques, un outil simple et rapide qui leur permet de faire échec
à l'enregistrement d'une marque dont ils estiment qu'elle porte
atteinte à leurs droits. L'opposition doit se faire dans les deux
mois qui suivent la publication de la marque. Le taux d'opposition est
donc calculé par rapport au nombre de marques publiées. Il existe, en outre, une procédure de "dépôt international" gérée par l'O.M.P.I. et qui permet d'effectuer un dépôt unique désignant au moins un des États signataires de l'Arrangement de Madrid. Il est possible, comme pour les brevets, d'effectuer des dépôts dans différents pays étrangers, sous priorité d'un dépôt initial de FRANCE, avec un délai de priorité de 6 mois au lieu de 12 pour les brevets. (Voir Convention de PARIS de 1883). MARQUES COMMUNAUTAIRES Ouvert le 15 mars 1994, le nouvel Office d'ALICANTE (Espagne), dit "OHMI", Office d'harmonisation dans le marché intérieur, peut depuis le 1er janvier 1996 enregistrer des marques communautaires, produisant ses effets sur l'ensemble de l'U.E. pour une durée de 10 ans (renouvelable). Au 1er novembre 1996, 36 000 demandes d'enregistrement avaient été reçues, alors qu'on en attendait un maximum de 15 000. Du 1er janvier 1996 au 31 décembre 2001, 249 454 demandes d'enregistrement ont été déposées à l'OHIM, ce qui constitue un succès remarquable pour cet Office. Toutefois, on constate que les dépôts de trois dernières années ont connu une diminution notable : 57 340 en 2000, 48 856 en 2001 et environ 45 000 en 2002. L'OHMI, toutefois, espère une stabilisation aux environs des 45 000 dépôts. Voir le site : http://oami.eu.int/ MARQUES NOTOIRES La loi protège les marques contre l'imitation frauduleuse et la contrefaçon En outre, elle réserve une protection particulière pour les "marques notoires", qui ont acquis dans le public une grande notoriété : Kodak, Frigidaire, Peugeot Waterman, Coca-Cola, etc. La marque notoire est protégée contre toute tentative de récupération de sa notoriété, même dans des classes pour lesquelles elle n'a pas été déposée, s'il y a "risque de confusion dans l'esprit du public". (Art 6 bis de la Convention de Paris, et art. L. 713-5 CPI). DISPOSITIONS DIVERSES
FONCTION COMMERCIALE de la MARQUE Un des avantages d'une (bonne) marque, est d'associer, dans l'esprit du public un nom à un produit et surtout à une certaine qualité de produit, bien que ce ne soit pas le but premier. La marque est souvent le "prolongement" de la protection du brevet, car lorsque ce dernier est tombé dans le domaine public, le produit ou l'objet continue à être désigné par sa marque, qui le distingue des produits concurrents et attire l'acheteur. Bien que la marque ne garantisse en aucune façon les qualités d'un produit (contrairement à l'appellation contrôlée ou d'origine), le public associe souvent la notoriété de la marque aux qualités du produit concerné. Les grands succès commerciaux de certaines marques ont parfois pour contrepartie fâcheuse une véritable "banalisation" qui finirait par transformer la marque déposée en un nom commun ou générique si son titulaire ne réagissait pas périodiquement. Exemples : réfrigérateur /Frigidaire, fibre artificielle/Nylon, avertisseur sonore/Klaxon, allumeur /Delco, colle/Araldite, Seccotine, Loctite, Superglue, bouteille isolante/Thermos, etc. Les producteurs et distributeurs ne devraient pas manquer de le rappeler par les nombreux media : presse, radio, télévision, cinéma, affiches etc... Classes : Conformément à l'entrée en vigueur (le 1er janvier 2002) de la 8° édition de la classification de Nice, quelques modifications ont été apportées. On peut les énumérer de façon (très) simplifiée comme suit : (1 à 34 : produits, 35 à 45 : services). (Voir : Classification des marques page suivante) DONNÉES STATISTIQUES
Pour les années 2000 , 2001 et 2002, les dépôts de marques françaises se répartissent, respectivement, de la façon suivante :
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Progexpi 2007 - C.F. PASCAUD J.-L. PIOTRAUT
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